Dans le cadre du Projet Collectif de Recherche (PCR) « Juliobona, capitale des Calètes » porté par Caux Seine agglo, la richesse du chef-lieu de la cité des Calètes Juliobona est redécouverte chaque année. La dernière étude en date concerne les inscriptions latines de Juliobona, souvent mentionnées dans les publications anciennes où elles sont retranscrites ou dessinées mais qui n’avaient jusqu’à présent suscité qu’un intérêt très limité.
L’étude menée par Ricardo González Villaescusa (professeur d’Archéologie de la Gaule et du Nord-Ouest européen à l’Université Paris Nanterre) et Frédéric Gayet (maître de conférences d’histoire du monde romain à l’Université de Côte d’Azur) a pour objectif d’y remédier et d’apporter un éclairage bienvenu sur ces témoins directs de la vie des populations au sein de la ville romaine.
Inventorier les données existantes
Dans un premier temps, Jonas Parétias, chargé d’étude en archéologie à Caux Seine agglo et coordinateur du PCR, a procédé au recensement et à la vérification de toutes les informations disponibles sur les inscriptions latines de Juliobona : lieu et année de découverte, lieu de conservation, illustrations déjà publiées. L’objectif était de regrouper les données existantes mais dispersées et de réaliser un inventaire complet, incluant les inscriptions aujourd’hui disparues qui nous sont connues par les publications anciennes.
Des informations utiles pour mieux connaître les habitants de Juliobona
Le 7 juillet dernier, une première session de travail a été organisée au musée des Antiquités de Rouen*. Menée grâce au concours de Laurence Marlin, conservatrice en charge de la section Antiquités, cette journée a permis d’étudier une quinzaine d’inscriptions de Lillebonne conservée par l’institution rouennaise.
Hormis une inscription sur du bronze, toutes les autres ont été sculptées dans du calcaire. Une partie d’entre elles sont très fragmentées et ne conservent que quelques lettres du texte d’origine. Les plus complètes correspondent à des épitaphes, c’est-à-dire des inscriptions funéraires placées sur une stèle afin de rappeler le souvenir de la personne décédée. Leur texte, très normé, invoque des divinités et indique le nom du défunt, parfois son âge, ainsi que le nom et le lien de parenté de la personne qui a fait réaliser l’inscription. Ces données constituent autant d’informations utiles pour mieux connaître les habitantes et habitants de Juliobona, leur origine, leur statut social.
En parallèle, une photogrammétrie des objets a été effectuée par Esther Vidal Ros. Chaque inscription a été photographiée sous tous les angles afin de créer son double numérique. Les modèles 3D vont ainsi permettre de continuer l’étude à distance et offrir, à terme, des possibilités de mise en valeur des collections.